Guillaume Di Grazia : « A Eurosport, j’y suis rentré en stage, il y a quinze ans je faisais des brèves »

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Rencontre avec Guillaume Di Grazia, Responsable de la rédaction d’Eurosport, à quelques heures de la Coupe de France et de son émission en direct « Soir de Coupe ».

 

Qu’est-ce qui fait la singularité de « Soir de Coupe » ?

« Soir de Coupe » est une émission particulière tout simplement parce que la Coupe de France à cette capacité à mettre les gens –professionnels et amateurs- au même niveau et ainsi on arrive à avoir des échanges que l’on n’arrive pas à avoir dans les autres émissions. Je ne sais pas précisément pourquoi mais je l’ai souvent remarqué. On a eu ça par exemple avec David Luiz qui nous a fait une déclaration d’amour à Blaise Matuidi à Montpellier ou avec Michel Mézy qui s’est mis à pleurer en avant match avec Olivier Nicollin. Voilà, il y a des choses qui se passent lors de cette compétition ; les valeurs qui s’y trouvent sont peut-être un peu plus universaliste que ce que l’on peut avoir aujourd’hui avec la Champions League par exemple. Et en se posant, en prenant le temps on arrive à avoir ces choses-là au micro. D’autant plus avec notre dessinateur Dadou parce qu’il arrive à casser les codes, à casser la com. et les discours préconçus. On peut ainsi sortir du foot pour s’exiler ailleurs pour mieux y revenir au final. Nous, on n’est pas des statisticiens, des chirurgiens du foot.

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C’est aussi un ton que l’on retrouve dans ton émission Les Rois de la Pédale…

J’aime les gens qui font le sport, j’aime les gens qui sont passionnés de sport. C’est ce qui me nourrit depuis que je suis gamin. J’aime profondément les histoires d’hommes. Là pour notre série Dacourt-métrage on vient de faire un reportage avec Olivier Dacourt et Jacques Wattez qui l’a amené sur un voilier et Olivier me disait encore ce matin que cette rencontre humaine avait été incroyable. Parce que l’histoire est incroyable, Jacques qui est devenu président à la place de son père sans vraiment le vouloir mais qui est quand même là depuis 20 ans avec une montée en ligue 1 ou une présence ce soir en quart de finale de la Coupe de France ça ce sont des vrais histoires.

Qu’est-ce qui différencie encore Soir de Coupe des autres émissions de talk sur le foot

Le fait d’être sur place aussi, cela doit jouer. Il n’y a pas d’autres émissions comme cela avec un petit salon à la fin du match…Après on ne cherche pas que les petites histoires. L’année dernière, on a eu par exemple à la fin d’un match à Brest Ibrahimovitch qui est resté avec nous pendant 15 minutes où il s’est mis à parler français pour la première fois sur un plateau télé parce qu’il a confiance aussi. Il sait, grâce à Olivier Dacourt, que l’on ne va pas couper les cheveux en 4 car Olivier sait se mettre à la place du joueur.

Tu interviens sur le ski, le vélo, le football, tout au long de l’année, crains-tu une surexposition sur l’antenne Eurosport ?

Je ne pense pas être surexposé. Je ne fais que Soir de Coupe et les Rois de la Pédale après…moi je suis un boulimique. Par exemple, là, je reviens de Suède où j’ai fait les championnats du monde de nordique, c’était d’ailleurs mes derniers commentaires en saut et nordique car je vais plus l’an prochain me consacrer à la rédaction en chef, une autre de mes casquettes.

Guillaume Di Grazia : « La star à Eurosport c’est la chaîne »

Polyvalence donc

A Eurosport c’est comme ça, on n’a pas les Jeux Olympiques tous les 4 ans ou une émission multisports par semaine. Nous c’est une grille avec du live tous les jours. Cette semaine par exemple, on a mis un peu moins la Coupe de France en avant parce que l’on a l’Algarve Cup avec les filles. Le sport féminin on y croit vraiment. La star à Eurosport c’est la chaîne. D’ailleurs tu connais des journalistes stars à Eurosport ?

Tu as endossé plusieurs fonctions au sein du groupe Eurosport : commentateur, présentateur et désormais rédacteur en chef ce sont des « mutations » dues à l’âge ou à la maturité ?

Je pense que c’est une évolution normale. A Eurosport, j’y suis rentré en stage, il y a quinze ans je faisais des brèves pour télétexte sur une sorte d’appli qui n’existe plus. J’y ai rencontré des mecs exceptionnels comme Hervé Duthu ou Roger Zabel qui m’ont appris l’exigence et le professionnalisme du métier. Roger par exemple, tu le vois à la ville ou à l’antenne, c’est le même et c’est une vraie force. C’est ce que j’essaie de faire. D’être moi donc.

Et autour de toi il y aura qui ce soir ?

Olivier Dacourt bien sur avec la diffusion du dernier Dacourt-Métrage. Le maire de Boulogne sera là également pour évoquer ce projet de stade débuté il y a dix ans et stoppé en raison d’un site archéologique. Du côté de Saint-Etienne on espère avoir le président Caïazzo ou Dominique Rocheteau. Tout ceci pour l’avant-match et pour la deuxième partie, comme d’habitude, on aura les joueurs pour évoquer la partie. Notre force étant de pouvoir faire assoir des joueurs des deux équipes opposées pour avoir de vrais échanges. C’est du direct, c’est de l’humain, il y a forcément une part d’imprévu et c’est le charme de cet exercice. Assurément.

Merci à Guillaume Di Grazia (@GDiGrazia) de nous avoir accordé cet entretien!

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