FFR : Un Grand Stade au ralenti ?

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La Fédération Française de Rugby a un objectif clair : construire un Grand Stade. Celui-ci serait alors la nouvelle maison du rugby et remplacerait le Stade de France. Projet réalisable ou pas ? 

Première claque reçue par la FFR

La FFR a émis des emprunts obligataires afin de trouver des fonds pour le projet de Grand Stade, « pro rugby ». Ces 499 emprunts à vendre, donnaient alors la possibilité aux acheteurs d’accéder aux différents matchs du XV de France et de la finale du Top 14 pour une durée de 15 ans. Cette première émission devait servir de test pour lancer une campagne plus massive car une partie du financement de la future enceinte passerait par ce type de financement. Copiant alors le système des « debentures » de nos amis anglais.


Lancement emprunt obligataire FFR par FFR

C’est un échec cuisant pour la FFR car ils n’ont réussi à vendre que 35 titres à 10 000€, soit un total de 350 000 euros, sur les 499 prévus. Les dirigeants tempèrent cet échec et le trésorier Christian Garnier parle d’une « insatisfaction comptable et attendue »

Présentation du projet Grand Stade

Les matchs du XV de France et la finale du Top 14 se jouent à l’heure actuelle dans l’enceinte du Stade de France, et la location d’une telle enceinte représente un coût assez important pour la Fédération Française de Rugby. Cette location est estimée à un peu plus de 1 millions par an, ce qui explique la volonté de la fédération de délocaliser quelques matchs du XV de France en province ou en faisant jouer les demi finales dans différentes villes de province (NDLR Lille a été choisie pour accueillir les demi-finales de cette saison). L’idée est alors lancée par Pierre Camou (novembre 2010) de construire un Stade appartenant à la fédération, c’est le projet nommé « Grand Stade » où l’on verrait sortir de terre, une enceinte pouvant accueillir 82 000 spectateurs (soit 2 000 de plus que le Stade de France).

Le projet « politique » de la construction d’une enceinte où le rugby serait roi, a émergé dans les têtes des dirigeants de la FFR. La géolocalisation de ce nouveau stade actée ( excentrée de Paris, dans les environs de Ris Orangis pour s’insérer dans le concept de « Grand Paris ») une telle construction pose tout de même différents problèmes.

Problèmes soulevés pour un tel projet

Financement

L’argent étant soulevant le nerf de la guerre, il se pose la question du financement d’une construction massive comme celle-ci. Une des phases d’études de la FFR datant de 2010 parle d’un budget avoisinant les 600 millions d’euros (qui correspond à 600 locations annuels du Stade de France). La FFR pense alors qu’une partie du financement serait envisageable par l’émission d’emprunts obligataires d’où le test avec ses 499 premiers emprunts et le résultat qu’on connaît.

Rentabilité

Construire une telle enceinte, outre le coût de construction, se doit d’être rentable car c’est un investissement qui doit à terme permettre d’abord le remboursement mais aussi un gain d’argent dans l’avenir. L’enceinte est pensée sur un principe d’espaces modulables comme le Grand Stade de Lille (ndlr le problème du chauffage de ce stade ne permet pas d’accueillir des concerts en hiver malgré une fermeture du toit) ou la Racing Arena pouvant alors accueillir tous types d’événements comme les concerts, les matchs de rugby, etc.

Attractivité / Concurrence

Outre pour les supporters du XV de France ou des clubs évoluant dans le Top 14, il faut alors se poser la question de l’attractivité d’un public pouvant venir assister à des manifestations au sein de cette enceinte. Il faut alors tenter de susciter l’envie des différents consommateurs de venir assister à un concert, à un spectacle sportif au sein du Grand Stade et non dans une autre. Pourquoi le public viendrait au Grand Stade au lieu du Stade de France ? Le Stade de France qui a déjà marqué l’histoire du sport français et accueillit des concerts d’anthologies (et aussi un one-man show).

Vers un financement participatif ?

Le rugby a la côte et il ne faut pas en douter mais le choix de la FFR de lancer ce type d’emprunts est très restrictif pour un financement de ce type. Il se limite à des gens avec un certains revenus, car la fédération a refusée des achats de titres par des entreprises ou des gens patients qui réussirait à passer le « mur administratif » d’une telle acquisition. Certains clients ont aussi estimé que les places proposées n’étaient pas d’une grande rareté et qu’il était toujours possible de trouver les précieux sésames pour assister aux différents matchs. Même si l’argent récupéré lors de cette campagne va permettre une réhabilitation du Centre National de Rugby, lieu de villégiature du XV de France. Il faut s’interroger sur une l’efficacité d’une nouvelle campagne d’émission d’emprunts que la FFR voudrait relancer en fin d’année.

Pourtant, le rugby a un bel exemple de réussite de financement par un biais moins contraignant : le sponsoring participatif du Racing Club de Toulon et son Avenue des Légendes. Effectivement, il faudrait réussir à construire une offre pouvant attirer un maximum de sponsors parmi les adeptes ou non du rugby, les financeurs auraient alors la primeur d’obtenir des cadeaux et il n’existe plus de notion de remboursement sur 50 ans comme avec les emprunts. Il faudrait en faire un projet des supporters, qui participeraient à leur niveau à la réalisation d’un tel projet La participation massive pourrait aussi influencer le soutien des dirigeants de notre pays part des subventions ou des crédits accordés à la Fédération Française de Rugby.

Seriez-vous prêt à aider ce projet ?

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