Celine Prévost : « L’objectif de la FFGolf est de 700 000 licenciés à l’horizon 2020 »

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En marge de l’Open de France SportBusinessetMoi a pu rencontrer Celine Prévost en charge des partenariats et du marketing au sein de la Fédération Française de Golf. En poste depuis une dizaine d’années, Céline porte un regard lucide et enthousiasmant sur son sport tout en nous dévoilant les prochains enjeux pour le golf français qui aura la chance d’accueillir la célèbre Ryder Cup en 2018. Il reste donc un peu moins de 34 mois à la fédération pour être à la hauteur de l’évènement.

Celine Prévost : « La licence représente 80% du budget de la Fédération Française de Golf »

SportBusinessetMoi : Peu ou pas de droits télés, peu ou pas de billetterie, quel est le principal produit de la Fédération Française de Golf ?

C’est la licence, elle représente 80% de notre budget. Mon rôle est double, le premier est justement de valoriser et de commercialiser la licence via les clubs ou nos supports digitaux par exemple. Le deuxième volet concerne les partenariats de la fédération, qu’ils soient financiers ou en échanges de marchandises.

L’augmentation du nombre de licenciés est-il toujours un objectif ?

C’est effectivement un objectif majeur de la fédération pour plusieurs raisons. Nous avons d’abord toujours eu le souhait de développer le golf, c’est quelque chose que nous faisons depuis de nombreuses années déjà. Dans les années 80, nous avons eu une explosion de construction de nouveaux golfs qui a donc boosté le nombre de pratiquants automatiquement et depuis la création de la fédération en 1912 le nombre de licenciés a naturellement cru. Donc l’enjeu de la fédération jusqu’à très récemment a été de simplement de continuer à développer l’attractivité du golf. Et cela marche.

Un enjeu qui s’est récemment modifié

Effectivement depuis 2, 3 ans notre problématique est de transformer les pratiquants en licenciés ou en tout cas de retenir ceux qui sont passés par la licence et qui n’en sont plus.

C’est-à-dire ?

Ce sont des gens qui sont passés par la licence notamment pour progresser mais qui soit par manque de temps ou par l’arrêt de la pratique du golf en compétition ont stoppé leur prise de licence. Ainsi dans nos bases de données on a plus d’un million de personnes qui ont été au moins une fois licenciés et que l’on retrouve sur les parcours une, deux ou cinq fois par an mais qui ne prennent pas pour autant leur licence

Pourtant il me semblait qu’il était obligatoire d’avoir une licence pour jouer sur un parcours notamment par rapport aux assurances

En fait il y a trois cas de figures dans lequel la licence est obligatoire. Le premier c’est lorsque l’on fait de la compétition. Le deuxième c’est lorsque l’on est membre d’un golf et donc d’une association sportive et le troisième c’est lorsque le club l’exige. Ce n’est dans aucun cas la fédération qui rend la licence obligatoire.

Celine Prévost : « L’objectif est de 700 000 licenciés à l’horizon 2020 »

Dans une présentation la FFG clamait son envie de devenir le sport individuel numéro un en France. Est-ce toujours le cas ?

Au niveau mondial, avec 70 millions de personnes, le golf est le sport individuel numéro 1 avec un gros foyer aux Etats-Unis (35 millions). L’Asie est un territoire très fort, on dénombre 13 millions de golfeurs au Japon par exemple. La chine est en plein essor. Tous les acteurs du golf se tournent donc vers l’Asie.

Et la France en terme de ranking ?

Nous avons 400 000 licenciés pour 2 millions de personnes qui déclarent pratiquer le golf une fois par an et parmi ceux qui déclarent jouer au golf 5 fois par an on passe à 800 000 pratiquants. Au niveau européen, le Royaume-Uni compte par exemple 4 millions de licenciés, on est ainsi à la 4ème place donc plutôt pas mal placé. Pour finir, en France, on est aujourd’hui le 4ème sport individuel pratiqué.

L’objectif était de 600 000 licenciés, c’est ça ?

C’est même 700 000 à l’horizon 2020. Aujourd’hui on est en légère stagnation, ce qui n’est pas un fait isolé au golf mais un fait de société par rapport à la pratique individualiste du sport, à la récession du nombre de joueur en compétition – sur nos 400 000 licenciés, 1/3 joue en compétition le reste en loisirs – et probablement aussi lié à la crise économique. Cette stagnation est vraiment un fait nouveau pour nous ici à la Fédération.

Une stagnation qui pourrait s’effacer en raison de cette Ryder Cup…cet évènement représente un merveilleux levier pour vous ?

Oui. Au départ on avait très peu de chances d’accueillir la Ryder Cup en 2018 mais nous avions très envie d’attirer les projecteurs sur notre discipline ici en France pour créer un engouement pour montrer que l’on peut déplacer les foules pour le golf. Se sera 70 000 personnes par jour ! Imaginez un peu. Mais au-delà de cette candidature on compte aussi beaucoup sur le golf aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 avec pourquoi pas dans la continuité Tokyo 2020 et encore mieux : Paris 2024 avec le golf national pour cultiver notre image de sport dans la tendance, sport en développement, sport à rayonnement. C’est vraiment une politique globale qui suit tous les efforts consentis aussi au niveau sportif et de nos athlètes. Des évènements, des champions…tout ceci combiné nous offrira une vraie légitimité, une vraie médiatisation, et enfin une vraie reconnaissance.

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Je rejoins Pierre, jouer au golf devient presque pénible…
    Tout a été fait pour attirer des nouveaux joueurs, et c’est plutôt une bonne chose. La démocratisation du golf est un axe de développement primordial pour ce sport.
    Mais comme toujours en France, démocratisation rime avec nivellement par le bas. On augmente le nombre de joueurs et pour ne pas les décourager, on abaisse les « exigences » d’accès aux parcours.
    Qui se souvient du handicap à 36? De l’accès Tee N°1 à partir de 24 pour la majorité des golfs? Et que dire de l’étiquette? De l’apprentissage des règles?
    Lorsque j’ai commencé (au début des années 90), la carte verte, la première compétition de classement et l’accès aux parcours étaient des étapes « qui comptaient ». On en était fier parce que ça signifiait quelque chose.
    Bien-sûr, tout n’était pas parfait. Tout le monde se souvient des « faux handicaps » qui trustaient les premières places aux compétitions Canal Plus… Ou encore l’élitisme condescendant de certains, s’imaginant faire parti d’une caste supérieure…
    Combien de joueurs ai-je croisé qui continuent à jouer arrivés au neuvième coup au lieu de relever. Lorsqu’on leur fait la remarque ils répondent : « je ne veux pas de croix sur ma carte »… Parce qu’ils veulent compter un score brut à la fin, pour faire comme les « pros »…
    Le golf exige un minium de bagage technique et surtout une « bonne éducation » assurant à la fois le respect de l’autre, le respect du parcours, et puis un peu le respect de soi aussi.
    Pour finir, si le jeu lent est un fléau dans la pratique amateur, que dire de l’exemple pitoyable que donnent les pros, et au plus haut niveau… Pour avoir fait quelques pro-am, 6 heures pour 18 trous est devenu un standard, pourtant, on joue en 4 balles 2 meilleures balles la plus part du temps, on relève donc assez régulièrement…
    Mais finalement, encore une fois, tout est question d’éducation. Et cette « gradation » des comportements n’est finalement que le reflet de notre société.
    Quoiqu’il en soit, le golf doit continuer à s’ouvrir, mais il doit aussi faire perdurer les usages et traditions liés à sa pratique.

    Frédéric

  2. pour une personne qui paye entre 60€ et 150€ ou une cotisation entre 1500€ et 4000€ on ne leur demandes de courir ou il ne faut pas les accepte mais pour les chaines de golf le principale c’est le rapport (pas la qualité de service) moyenne d’âge au dessus de 60 ans)supprimée tout les seniors autant de licences en car ces sont les seniors payer pour les petits qui prennent des voiturettes qui réglé les consommations le repas du midi pris au club ect….. beaucoup de manque a gagner pour les club.peut-être comme dans certain club une cotisation a 10000 ou 15000 pour faire la sélection pour ne plus attendre?

  3. Bonjour Pierre,
    Effectivement lutter contre le jeu lent pourrait être une réponse au désamour de certains passionnés pour ce sport. Changer le rythme des parties pourrait assurément permettre à un plus grand nombre de golfeurs de pratiquer plus régulièrement leur golf. Cependant ce que souhaite mettre en avant Céline Prévost ce n’est pas tant le nombre de gens qui quittent le golf, une irréalité pour elle, mais la difficulté de convertir les joueurs en licenciés. C’est une problématique que rencontre aussi le football par exemple avec le développement du foot à 5…les joueurs quittent les clubs pour une pratique plus ludique ce qui n’est pas un problème en soi mais le devient car jusqu’à présent le foot à 5 ne demande pas de licence : jusqu’à quand ? Or la licence c’est ce qui fait les revenus des principales fédérations.
    Romain

  4. Est-ce que cette dame se pose la question de savoir pourquoi tant de gens qui ont été licenciés ou qui ont joué régulièrement laissent tomber pour une pratique beaucoup plus occasionnelle ?
    Il y a une réponse évidente : le temps de jeu.
    Le golf par suite de mauvaises habitudes installées en France, est devenu complètement chronophage.
    La moindre partie de WE dure 5 heures et plus, parfois 6 !
    Le jeu lent est la calamité du golf français.
    Et ni la fédération, ni les clubs ne font le moindre effort pour corriger ce problème, croyant naïvement qu’ils vont décourager le client si on le presse un peu trop alors que ce serait évidemment le contraire.
    Qu’ils aillent voir ce qui se passe sur les golfs publics et privés aux USA et dans les autres pays anglo-saxons : une partie ne doit en aucun cas dépasser 4 heures.
    C’est clairement indiqué sur le règlement intérieur des clubs et si vous perdez la distance, un Marshall vient vous relever votre balle une première fois en guise d’avertissement pour la porter au trou suivant et vous exclut du parcours la deuxième fois, sans remboursement de green-fee évidemment.

    Un golfeur débutant ou même plus confirmé mais âgé comme le sont la plus grande partie des joueurs français (moyenne d’âge au dessus de 60 ans) n’a pas les moyens physiques ni la lucidité pour passer plus de 4 heures sur un parcours.
    Si un débutant passe au 9 en 60 ou davantage, il sera plus fatigué à ce stade du parcours qu’un joueur de première série après 18 trous.
    Qu’attendre de lui pour la fin du parcours ?
    Il est complètement inutile de tenter 4 ou 5 fois de suite de sortir d’un bunker ou de passer un obstacle d’eau, si on n’en a pas les moyens techniques ou physiques.
    Une seule règle : 3 au dessus du par, on relève sa balle !
    Quel temps gagner !
    Et combien de joueurs qui reviendraient au golf si ces règles étaient appliqués !
    Cordialement.
    Pierre

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